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Lee Ufan et le Mono-ha : Quand un seul coup de pinceau fait vibrer le vide.
Une immense surface blanche. Au centre, une seule trace grise.Un geste large, dense au départ, puis de plus en plus léger, jusqu’à disparaître presque entièrement dans le vide. Rien ne semble se passer. Et pourtant, tout vibre.Le silence devient matière. L’espace paraît chargé d’une tension invisible. C’est là que commence l’expérience Lee Ufan. Chez beaucoup d’artistes, la peinture remplit l’espace. Chez lui, elle le révèle. Une seule touche suffit à modifier l’air autour d’
favierannecatherin
12 mai8 min de lecture


Chu-Teh-Chun
On entre dans une toile de Chu Teh-Chun comme dans une grotte de lumière. D’abord, il y a l’éblouissement. Puis, peu à peu, l’œil s’habitue. Et ce qui semblait chaos devient espace. Ce qui semblait matière devient souffle. Si Zao Wou-Ki est vent et tempête, Chu Teh-Chun est eau et brume. Les deux peintres étaient amis. Ils ont partagé la même formation à Hangzhou, le même exil à Paris, la même nécessité de rompre. Ils sont les deux piliers de ce pont invisible entre la Chine
favierannecatherin
23 avr.6 min de lecture


Sam Francis et l'esthétique du vide : quand l'abstraction américaine rencontre le "Ma" japonais
Certains artistes ouvrent un espace, espace de respiration, de silence, de suspension. Après avoir exploré dans mon précédent article, la profondeur vibratoire de Zao Wou-Ki, je souhaite poursuivre ce chemin vers l’Orient, ou plutôt vers un Orient intérieur , en évoquant Sam Francis. L’abstractions américaine est souvent dans la gestuelle, elle a de l’amplitude.Sam Francis rejoint une pensée essentielle de l’esthétique japonaise : le Ma. Le « Ma »n’est pas simplement le vid
favierannecatherin
7 avr.6 min de lecture


Dans l’attente de la lumière : méditation pascale
Il y a, dans le temps pascal, quelque chose qui échappe au regard immédiat. Une traversée discrète, presque imperceptible, qui ne se donne pas dans l’éclat. Je reviens à la peinture asiatique : le vide n’est pas un manque. Il est un espace actif, un lieu de transformation. Dans la peinture occidentale, le regard est souvent attiré par la figure, par ce qui se montre, par ce qui affirme sa présence. À l’inverse, dans de nombreuses formes de peinture asiatique , ce qui compte n
favierannecatherin
3 avr.3 min de lecture


L'orient de l'abstraction
Zao Wou-Ki et l’abstraction lyrique : quand le souffle chinois rencontre la peinture à l’huile Il y a des peintres qui déplacent des mondes. Zao Wou-Ki appartient à cette catégorie. Son œuvre ne se contente pas d’habiter l’histoire de l’art du XXe siècle : elle en redessine les lignes de fracture. Avec lui, l’Orient et l’Occident cessent d’être des blocs opposés pour devenir des forces en dialogue, des respirations complémentaires. Ce texte inaugure une réflexion plus vaste s
favierannecatherin
25 mars5 min de lecture


Kandinsky : quand la peinture a appris à écouter la musique
Moscou, fin du XIXᵉ siècle. Dans la salle du théâtre Bolchoï, l’orchestre attaque les premières mesures de Lohengrin de Richard Wagner. Les cuivres montent, les cordes se déploient, et la musique envahit l’espace. Parmi les spectateurs se trouve un jeune homme de trente ans. Il n’est pas encore peintre. Il est juriste, professeur de droit, promis à une carrière académique brillante. Mais ce soir-là, quelque chose d’inattendu se produit. Pendant que l’orchestre joue, des coule
favierannecatherin
18 mars5 min de lecture


Melissa McCracken : quand les oreilles voient des couleurs Une réalité augmentée naturelle : Synesthésie
Imaginons que lorsque le téléphone sonne, nous ne percevions pas seulement une sonnerie, mais une spirale argentée tournant dans l'air. Imaginons que la voix de notre meilleur ami ne soit pas seulement un timbre grave, mais une texture de velours violet. Imaginons que notre chanson préférée ne soit pas une mélodie invisible, mais un paysage complexe fait de vagues dorées, d'éclairs indigo et de pluies de lumière. Entendre une couleur. Ressentir une texture à travers une mélod
favierannecatherin
5 mars7 min de lecture


Peindre l’invisible : quand Fabienne Verdier matérialise l’onde sonore
Le défi de l’immatériel Il existe, dans l’histoire de l’art, une frontière : celle qui sépare l’espace du temps. La peinture est un art de l’espace. Elle est fixe, silencieuse, offerte d’un seul bloc au regard.La musique est un art du temps. Elle naît, traverse l’air, disparaît. Elle ne peut jamais être saisie deux fois de la même manière. L’une s’étale. L’autre s’écoule. Depuis plus d’un siècle, certains artistes ont cherché à faire dialoguer l’espace et le temps, la couleu
favierannecatherin
24 févr.6 min de lecture


Résonance, lumière et mémoire : Claire Tabouret
Quand le vitrail contemporain dialogue avec Notre‑Dame et notre regard Je continue avec cette thématique de « Résonance », peinture, son, lumière. Ce mot désigne une interaction profonde entre une forme et celui qui la reçoit. Dans cet article, mon but n’est pas de donner mon avis sur ces futurs vitraux. Je souhaite plutôt partager mon ressenti, la manière dont je me situe entre ces maquettes et l’image que je me fais de la future lumière qui les traversera. Dans mes réflexi
favierannecatherin
22 févr.4 min de lecture


Jackson Pollock : peindre le rythme du Jazz
La peinture à plein volume Fermez les yeux et imaginez l'atelier de Jackson Pollock à Long Island, dans les années 50. On imagine souvent le silence concentré du peintre. Erreur. Chez Pollock, l'air vibre. Le tourne-disque joue à plein volume. Ce n'est pas du Mozart, c'est du Jazz. Du Hard Bop. Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Thelonious Monk. Une musique rapide, complexe, syncopée. Pollock ne peignait pas avec de la musique en fond sonore. Il peignait la musique. Pour mo
favierannecatherin
15 févr.4 min de lecture


L’œil écoute : la peinture abstraite est une musique pour les yeux
Une langue commune Avez-vous déjà remarqué les mots que nous utilisons instinctivement pour décrire une peinture ? Nous parlons d'une tonalité chaude ou froide. Nous admirons l'harmonie d'une composition. Nous évoquons un accord de bleus et d'ocres, ou une dissonance intéressante. Nous admirons la touche d’un peintre exactement comme nous admirons le toucher d’un pianiste. Ce parallèle n’est pas un simple jeu de mots. Il révèle une parenté profonde entre les deux arts. M
favierannecatherin
5 févr.5 min de lecture


Pourquoi la musique et la peinture se parlent-elles si bien ?
Parce qu’elles vibrent sur la même fréquence. Sans mots. Kandinsky voyait la peinture comme une composition musicale : rythme, tension, harmonie.Mais il n’est pas le seul. - Paul Klee parlait de “polyphonie picturale” et construisait ses œuvres comme des partitions. - Mondrian s’inspirait du jazz et du boogie-woogie pour créer des rythmes visuels. - Rothko , avec ses champs de couleur, invitait au recueillement — presque à l’écoute. - Matisse cherch
favierannecatherin
24 janv.4 min de lecture


Pierre Soulages : Exposition au Musée du Luxembourg. Le papier comme espace de lumière
Traverser une exposition de Pierre Soulages engage immédiatement le corps et le regard dans une expérience de lumière. Le déplacement du spectateur, la variation des angles, la lenteur imposée par les œuvres modifient sans cesse la perception. Rien ne se livre d’un seul coup. Tout se découvre dans la durée. Cette interaction est silencieuse, presque intime. Elle appelle à un arrêt du temps, comme si chaque spectateur devait s’immerger entièrement pour percevoir les nuances qu
favierannecatherin
9 janv.4 min de lecture


De la scène à la toile : quand le corps devient pinceau et le tissu membrane
Pinceaux, brosses ou couteaux : chacun est un prolongement subtil de la main, offrant des textures, des gestes précis, des empâtements ou des effets de lumière et de matière. Ces outils sont des compagnons de création merveilleux, capables de traduire avec finesse la pensée et l’énergie de l’artiste. Pour ma part, je travaille autrement. Je n’utilise ni pinceaux ni couteaux. Je peins avec des tissus. Contact direct et sensible, presque organique, entre mon corps et l’œuvre.
favierannecatherin
22 déc. 20256 min de lecture


Wu Wei : l'art de laisser la peinture se révéler
Il est une idée reçue dans l'imaginaire occidental de l'artiste : celle du créateur, oserais-je dire, tout-puissant, qui impose sa volonté à la matière inerte. Nous imaginons le peintre devant sa toile décidant de chaque trait, de chaque nuance, soumettant le chaos à l'ordre de son intellect. C'est une vision de lutte. Au fil des années, nourrie par ma pratique de la méditation et ma lecture de différents textes taoïstes, j'ai découvert une autre voie. Une voie plus fluide, p
favierannecatherin
18 déc. 20255 min de lecture


L’ATELIER DU SOUFFLE
Article 1 : Le vide est un plein Dans notre monde occidental moderne, le vide a mauvaise presse. Il est synonyme d’absence, de manque, de carence. Nous passons notre temps à le combler : remplir nos agendas de rendez-vous, saturer nos espaces de vie d’objets, étourdir nos oreilles de bruits constants, gorger nos yeux d’images défilant à toute vitesse sur nos écrans. Nous avons développé, collectivement, une horror vacui , une horreur du vide. Ce vertige saisit dès que l’acti
favierannecatherin
15 déc. 20256 min de lecture


« De l’argile au souffle : un chemin de peinture »
“ De l'argile, nous faisons un pot, mais c'est le vide à l'intérieur qui retient ce que nous voulons. Cette pensée de Lao Tseu m’accompagne au quotidien. J’essaie en toute humilité, de la vivre et lorsque j’y parviens celle-ci m’ouvre à un monde vrai, simple, vivant, disponible… « l’agir sans agir » formulé par Lao Tseu, est une manière d’être au monde et nourrit mon acte de créer. Comme l’eau épouse, contourne, creuse, nourrit, ne s’oppose jamais, le Wu Wei dans mon ate
favierannecatherin
10 déc. 20251 min de lecture


Coulures dans ma Peinture
Détail coulures de la toile "Cheminement" Quand la matière guide Dans mon travail, la peinture prend vie , elle devient mouvement,...
favierannecatherin
15 mars 20252 min de lecture


Entre Ombre et Lumière : L’Art Comme Éveil Sensoriel
Force Vitale Dans un monde où tout semble aller trop vite, où l’image est omniprésente et éphémère, l’ art abstrait devient un espace de...
favierannecatherin
18 févr. 20252 min de lecture
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